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Marc Conesa, D’herbe, de terre et de sang. La Cerdagne du XIVe au XIXe siècle, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, « Etudes », 2012.

le 7 novembre 2012

Conesa couv

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Marc Conesa, D’herbe, de terre et de sang. La Cerdagne du XIVe au XIXe siècle, Perpignan, Presses Universitaires de Perpignan, « Etudes », 2012.













Et si l’histoire des régions frontalières n’était pas seulement dictée par la
frontière ? Partagée entre la France et l’Espagne lors du traité des Pyrénées
(1659), la Cerdagne est au centre de cette recherche sur les relations entre
société et territoires. Mais, cette enquête va bien au-delà du cadre géographique
et chronologique imposé par la frontière. En effet, les sources documentaires
sont plurielles et invitent sans cesse à changer de rythme, d’échelle, de postes
d’observation et de formes de récit pour saisir les changements dans la longue
durée. Des paradoxes y apparaissent d’abord comme autant d’énigmes
laissées sur le chemin. Trois acteurs y jouent les premiers rôles. En premier lieu,
une ville perchée au coeur de ces montagnes domine et façonne du haut de
ses privilèges et de ses prétentions cette région ; elle finit pourtant à bout de
souffle et à la traîne d’une croissance rurale et régionale. La seigneurie apparaît
ensuite comme un horizon du quotidien. Elle n’est pas ce monstre avide et
aveugle si souvent décrié, mais elle permet, bien au contraire, l’exploitation
du territoire par les paysans. Enfin, les « maisons », véritables archétypes du
monde pyrénéen, sont représentées par un héritier unique chargé de conserver
un patrimoine réputé inaliénable et indivisible. Pourtant, elles n’en participent
pas moins à un marché foncier qui renforce la concentration des terres au profit
d’une minorité. Par ailleurs, le régime de l’héritier universel est également censé
freiner l’apparition de nouvelles cellules domestiques. Or, cela n’empêche pas
le nombre de maisons de tripler entre la fin du XVe siècle et la fin du XVIIIe
siècle. L’ensemble de ces contradictions apparentes ne trouve de solutions que
dans l’analyse serrée des relations successives que noue une société avec ses
espaces, pour exploiter et réinventer ses territoires.

Marc Conesa est Maître de Conférences en histoire moderne à l’université
Paul Valéry – Montpellier III. Ses travaux actuels portent sur les relations entre
territoires et sociétés dans l’Europe moderne.

Table des matières


 

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